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BURKINA FASO: Le conte au service de l’environnement


 

L’Association la Maison de la Parole apporte sa contribution dans la protection et la sauvegarde de l’environnement. Elle a matérialisé cet engagement en portant le choix sur le thème « conte et environnement » à l’occasion de la 22ème édition de son Festival International de conte Yeleen. L’évènement s’est déroulé du 26 au 31 décembre 2018 à Bobo- Dioulasso.

comité d’organisation de la 22ème édition du Festival International de conte Yeleen (la lumière)

On ne saurait faire du conte sans environnement. Parler alors du conte, c’est parler de l’environnement. C’est ce que le comité d’organisation de la 22ème édition du Festival International de conte Yeleen (la lumière) a voulu insinuer durant la dernière semaine de l’année 2018, période à laquelle cette tradition est honorée chaque année. L’édition a été placée sous le parrainage du Ministre de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique Nestor Batio Bassière et du co-parrainage du président des chasseurs du Burkina Ali Konaté. Et tout comme les éditions précédentes, celle-ci a bénéficié de l’appui de l’ONG AFRICALIA / Belgique partenaire historique de la Maison de la Parole.

Parlant du conte, à l’origine, il serait venu autrefois par des Maîtres spirituels détenteurs de traditions qui, dans leur environnement inventaient des causeries autours d’endroits dits sacrés et habités par des génies tels que les marigots, les montagnes, les grottes, les forêts, etc). Ces orateurs/ animateurs intégraient à leurs causeries assez d’histoires intéressantes et effroyables qui donnaient des enseignements à leur auditoire et qui devient par la suite un genre dompté et demandé régulièrement à être raconter par les populations.

Les soirées de contes contribuent fortement à la socialisation des enfants en particulier et des adultes en général

Le conte est un récit de faits ou d’aventures imaginaires. Il englobe l’épopée, le mythe, la légende, le proverbe, la devinette, la fable, l’anecdote. Un conte, avait coutume de dire Amadou Hampâté Bâ, « c’est le message d’hier, destiné à demain, transmis à travers aujourd’hui ». Le conte en Afrique traditionnelle est un moyen de transmettre à travers les siècles, par le langage des images, des connaissances qui resteront gravées dans la mémoire profonde de l’individu  pour l’aider à faire face aux défis. Le conte n’est donc pas seulement récréatif. Il est un support de formation  de sensibilisation  et d’enseignement s’adressant à tous les âges. Les soirées de contes contribuent fortement à la socialisation des enfants en particulier et des adultes en général.

des conteurs venus du Togo, Niger, Benin, Côte-d’Ivoire, Mali, France et Belgique

Et pour cette édition du festival, en plus de la ville de Sya, les spectacles de conte se sont organisés dans les localités de Koumi et de Bama pour sensibiliser les populations sur l’importance de la protection de l’environnement et des ressources naturelles. Plus d’une trentaine de conteurs professionnels dont 17 sont venus du Togo, Niger, Benin, Côte-d’Ivoire, Mali, France et Belgique. Ces artistes de l’oralité ont planché autour de 18 représentations qui ont touché directement des milliers de personnes sur la cause de la gestion des ressources environnementales. Huit groupes d’artistes musiciens ont également apporté leur touche à cet évènement international. La soirée du 28 décembre à été consacrée au grand homme de l’oralité d’une renommée mondiale Sotigui Kouyaté, griot, artiste- conteur- chasseur- cinéaste- musicien dont les fils continuent l’œuvre à l’image d’Hassane Kassi Kouyaté, président de la Maison de la Parole. La Nuit Sotigui Kouyaté vise à mobiliser des fonds en vue de la construction d’une maison à lui dédier. Elle a été parrainée par Michel SABA, Directeur du Centre Régional des Arts Vivants en Afrique (CERAV/ Afrique) et à connu la participation des autorités régionales et communales des Hauts- Bassins.

SANOGO Mariame âgée de 11 ans :«  si j’aime conter très souvent sur les animaux, c’est parce que je désire en découvrir le maximum possible dans ma vie.»

 

A l’occasion, place a été donnée aux enfants qui constituent la relève. C’est ainsi que SANOGO Mariam venue de Banfora et âgée de 11 ans a édifié le public. Elle y a conté sur l’escargot et l’antilope en compétition de course dans la forêt. Et pour paraphraser son histoire, elle dit « vous savez, si j’aime conter très souvent sur les animaux, c’est parce que je désire en découvrir le maximum possible dans ma vie. C’est parce qu’aussi, les hommes égoïstes ont détruit toute la nature faisant ainsi fuir tous nos animaux sauvages. Pourtant, vous savez bien que les animaux font le bonheur de notre environnement et celui des hommes que nous sommes. Maintenant, qu’allons –nous voire et montrer à notre tour à nos enfants ? ». La petite Sanogo a ainsi bâti son histoire sur une compétition de course intervenue suite à une discussion où l’antilope se moquait de l’escargot pour sa lenteur. Son récit imaginaire faisait voyager le public dans une vaste forêt tout en relevant l’action de dégradation de l’environnement par l’homme. Elle poursuit en ces termes « … alors que des personnes malveillantes avaient sauvagement mis le feu dans la brousse et brûler herbes et arbustes, puis y chasser tous les autres animaux et reptiles, voici les deux animaux sur la ligne de départ de la course annoncée. Au signale donné par l’escargot, l’antilope bondit à la vitesse d’une flèche …Puisque selon le plan, malgré que le feu de brousse ait dévasté toutes les herbes supposées être des cachettes, de nombreux escargots avaient réussi à se cacher tout au long de la piste durant les cinq jours avant la compétition ». C’est une course qui s’est vue solder par la défaite de l’antilope. Enfin, la future conteuse donnera la leçon de morale suivante à son public : « C’est pour dire que dans la vie, mes amis, chacun vit selon son rythme. Il ne faut jamais sous-estimer ceux qui ont un rythme lent. Parce que la vie n’est pas une course de vitesse, mais une course de fond. Tu peux être le premier à commencer une œuvre, mais tu pourras être le dernier à la terminer.Enfin, sauvegardons notre environnement pour le bonheur de tous les êtres vivants ».

 

                                                               Bamadou SANOGO




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