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Burkina faso :Il faut mettre fin à la dégradation des barrages, plans et cours d’eau dans les Cascades


L’Agence de l’Eau des Cascades entend mettre fin aux mauvaises pratiques humaines qui sont de nature à dégrader les barrages, plans et cours d’eau dans cette partie arrosée du Burkina. Cette année encore, elle s’est évertuée à sensibiliser les populations riveraines de ces espaces hydrauliques en vue d’une meilleure prise de conscience. Pour y parvenir le canal approprié utilisé a été le théâtre forum.

Ensablement des cours d’eau, coupe abusive du bois autours des berges, occupation de la bande de servitude des barrages par les producteurs, destruction de dispositifs de protection et piétinement dû à l’accès anarchique du bétail, tels sont entre autres les abus que subissent la quasi-totalité des espaces hydrauliques de la région des Cascades. Or, «nul n’a besoin de dire que le poisson vit dans l’eau». Par cet adage, il faut indéniablement soutenir la place et le rôle prépondérants de l’eau dans la vie de l’homme ainsi que celle des autres espèces vivantes. Ces barrages, plans et cours d’eau, qu’ils soient naturels ou artificiels, en tout cas, ce sont des patrimoines à vitalité inestimable qu’il convient vaille que vaille de les entretenir et les sauvegarder pour toutes les générations. Il faut aujourd’hui plus que jamais une reconversion des mentalités des populations bénéficiaires et usagers seulement préoccupés d’obtenir leurs gains de maintenant sans se soucier de l’avenir. C’est en ce sens que le théâtre forum s’est révélé comme étant l’outil de communication pour le changement de comportement par excellence.

D’où l’Agence de l’Eau des Cascades a sollicité l’expertise de la Troupe BARAKA de l’Association «Groupe Culture / Banfora». Outre les animations théâtrales que cette troupe a conduites les mois précédents, la fin d’année a été émaillée de trois représentations. Celles- ci se sont déroulées dans les localités de Douna et Tourny dans la province de la Léraba et Tièfora dans la Comoé. La pièce de théâtre mise en scène se passe dans le village de ‘’Kôtchien Dougou’’qui signifie en langue nationale dioula le village de destruction de marigot.  Elle s’articule d’une part autour de l’histoire d’un certains Charbon Madou dont le métier consiste à abattre les arbres sur les berges des cours d’eau pour produire du charbon de bois, approvisionner ses clients pour la construction d’hangars, la fabrication d’outils divers, etc. Et de l’autre part, ce sont les producteurs agricoles ‘’Dababa’’ et Fatoumata plus le berger Yôrô qui occupent anarchiquement les berges. Ceux-ci ne veulent guère entendre de leurs oreilles le respect de la zone de délimitation (bande de servitude) qui leur oblige d’observer une distance de 100 mètres entre leurs sites de production et le barrage ou cour d’eau. Ils ne devraient non plus occuper les zones réservées au passage du bétail vers les points d’eau. C’est d’ailleurs l’alibi trouvé par Yôrô qui conduit ses bœufs de tout horizon pour s’abreuver accusant ainsi ‘’Dababa’’ d’occuper son espace.

C’est au vu de toutes ces pratiques néfastes que les habitants du village de  ‘’Kôtchien Dougou’’ ont pris l’initiative de mettre sur pied un Comité de Gestion des points d’eau dénommé ‘’Kô Kôrrôssi’’ qui signifie en langue dioula les gardiens du marigot. Ce comité mène entre autres activités les sorties de contrôles inopinés sur les berges, l’interpellation des occupants anarchiques et braconniers, des opérations de plantation d’arbres autours des cours d’eau, la construction de dispositifs antiérosif, etc. Alors que leurs interventions devenaient de plus en plus salutaires, un jour, le président du comité accompagné de la secrétaire va être abattu par Charbon Madou lorsque ces derniers l’ont encore surpris dans son forfait. Ceci marque le dénouement de la pièce de théâtre forum dans sa première partie. Place est ainsi laissée au public qui intervient dans la 2ème partie, c’est- à –dire celle du forum. Des spectateurs se bousculent alors pour venir sur scène et apporter des réponses positives aux situations négatives afin que l’ensemble des spectateurs repartent chez eux avec les bonnes pratiques de protection des points d’eau.

Enfin vient la 3ème partie du jeu qui demande l’intervention du partenaire dont l’Agence de l’Eau des Cascades, qui soit pour se prêter aux questions du public sur le sujet, soit pour lui en poser afin d’être davantage convaincu que le message véhiculé par le théâtre est bien passé. En tout cas que ce soit dans la partie forum ou celle de l’intervention du partenaire, les 900 spectateurs environ ont toujours fait montre d’intérêt et de participation active à l’animation théâtrale dans leurs localités respectives.

                                                             

Bamadou SANOGO




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